Ce programme a été initialement diffusé en petit comité dans les sous-terrains secrets de la fac *** le jeudi 4 décembre de l’an L1 (2014 en calendrier international).

« Salut mes canartichauds, ça faisait longtemps que je ne vous avais pas saoulés avec mes monologues plaintifs sur la dure vie d’étudiant, alors voilà le compte-rendu du jour, ça va aller vite vu qu’on a que deux cours le jeudi (je ne compte pas l’interculturalité, qui de toute façon est terminé).

11h15-12h35 grammaire: bon, avant toute chose, je précise que les cours de grammaire, pour mon TD, ont été placés de 11h à 12h30, sauf qu’avec notre prof (qui nous fait aussi la linguistique…), dans les faits, ça devient plutôt… heu… aléatoire. La plupart des étudiants de japonais s’accordent à dire que ce cours est le plus important de la semaine, étant donné que c’est celui où on apprend toute la théorie censée nous servir dans les autres cours. Je suis assez d’accord. Enfin, en tout cas, je le serais si ce cours majeur n’avait pas été placé en bout de semaine, deux heures avant le tout dernier cours de japonais hebdomadaire. Wesh, ça c’est de l’organisation. Concernant le contenu du cours lui-même, je dois vous avouer que c’est assez dur à suivre. Non pas que les notions abordées soient particulièrement compliquées, ce sont surtout des expressions toutes faites déclinées à toutes les sauces (affirmatif, négatif, interrogatif, style poli, etc). En fait, s’il y a bien un cours où vous pouvez laisser votre cerveau au vestiaire, c’est celui-là: la grammaire, au niveau débutant, c’est juste du par cœur, d’où l’utilité, je suppose, du cours « d’exercices de grammaire » du mardi. Là où c’est dur à suivre, c’est… bah, c’est un peu compliqué à expliquer, jugez plutôt:

– la prof nous demande de dire la date du jour (ça, ça va)
– elle nous lit les phrases d’exemple du poly et explique sommairement comment elles sont construites (ça, ça va aussi). En l’occurrence, aujourd’hui, elle nous a lu diverses phrases se construisant avec des verbes ayant au préalable adopté la terminaison て. Cette phrase était beaucoup trop longue, soit dit en passant. Je sais plus de tête de ce qu’on avait, mais en gros, c’était des trucs du genre « Monsieur Miller (l’américain du cours d’oral… tout est lié) est en train de lire » ou « Vous ne pouvez pas fumer ici ». Enfin je dis « du genre » mais ces deux phrases, en français, n’ont pas du tout la même structure, donc ça ne doit rien vous dire.

– et puis, dans la dernière demi-heure du cours, nous laissons le poly de côté pour travailler avec cet outil aussi merveilleux qu’incompréhensible qu’est le manuel « Minna no Nihongo », soit, littéralement, « le japonais pour les nuls ». Bon, en fait, littéralement, ça veut plutôt dire « le japonais pour tous », mais globalement, ça revient au même. Pour ceux qui ne connaissent pas, le MnN est un manuel d’apprentissage du japonais… entièrement en japonais. Même le prix au dos de la couverture est en yen. Je sais que beaucoup disent que le MnN est la référence ultime pour apprendre la langue nippone, mais personnellement, après près d’un semestre passé en sa compagnie, je le trouve toujours aussi inutile que lorsque je l’ai acheté. Voilà, c’est dit. Malheureusement, le MnN est un peu la bible de tous les enseignants de japonais de ma fac, et plus particulièrement de notre prof de grammaire, qui adore nous lire les phrases d’exemple du bouquin, si possible dans le désordre. Je précise que les phrases d’exemple du poly qu’on a lu au début du cours sont tirées du même manuel. Je… ne… comprends… pas. Je vais enquêter là-dessus, et rédiger un rapport dans les prochaines semaines.

13h-14h30 expression écrite: là, pour le coup, autant le cours de grammaire est mal placé dans l’emploi du temps, autant c’est plutôt malin d’avoir mis l’expression écrite en toute fin de semaine. J’hésite à parler de « cours » dans la mesure où c’est une heure et demi de rédaction personnelle en japonais à partir d’un sujet imposé. Aujourd’hui, nous devions inviter notre sensei à faire quelque chose, comme aller au musée ou au restaurant, et lui expliquer pourquoi elle devait accepter l’invitation. Je dois avouer que j’ai trouvé ça plutôt étrange sur le principe… « oh oui, madame, venez chez moi voir mes estampes, il y aura des petits gâteaux, hagnéé. » Bon, là je m’emballe un peu. Etant donné que je suis dans une période où je prends systématiquement un malin plaisir à me moquer gentiment (ou pas, d’ailleurs) des contraintes, j’ai invité sensei à aller sur mon site internet. Pour le coup, j’ai vraiment galéré, j’avais du mal à organiser mes idées, du coup, j’ai tout mis dans le désordre. Au final, ça a donné un truc du genre:

1. j’ai créé un site internet
2. venez voir mon site internet
3. j’ai mis plein de jolies choses, dedans
4. venez voir mon site internet
5. j’ai créé un site internet, mais il est pas fini (mais il y a déjà des jolies choses, dedans)

Et puis, surtout, j’ai pas réussi à aller au bout du recto de ma feuille de genkô yôshi, ce qui serait pas grave si j’avais dit des choses intéressantes, mais là, déjà que j’avais du mal à formuler mes idées en français, alors en japonais, bonjour la galère. Bon, on a qu’à dire que de toute façon, j’ai eu 1,5/2 à toutes mes rédactions depuis le début de l’année, et que donc du coup, c’est pas grave si je me suis un peu ratée cette semaine.

Bon, les canartichauds, je vous laisse, moi, j’ai des examens à passer dans moins d’une semaine, et par conséquent, deux-trois trucs à apprendre (sait-on jamais, ça peut toujours être utile). N’oubliez pas d’apprendre la méthode pour trouver la forme en て d’un verbe, pour le prochain cours de grammaire, et naturellement, d’apprendre tout le vocabulaire que vous pouvez pour les partiels. Mata ne. »