[La star du jour: Icônne, Natoo, éditions Privé. Si vous ne le trouvez pas dans une librairie près de chez vous, vous pouvez le commander sur Amazon (ou le voler… hahaha)]


Aujourd’hui, les dames sont à l’honneur: nous allons faire une chronique POP du… de… enfin d’Icônne, quoi. L’auteure est bien connue de nos services secrets: il s’agit d’une certaine « Natoo », une Youtubeuse soupçonnée d’ingérer de grandes quantités de substances illicites avant d’écrire le script de ses vidéos. Il y a peu de temps, elle a sorti un objet un peu spécial qu’on va examiner pour savoir si, oui ou non, c’est une œuvre d’art qui s’ignore.

Je sais bien qu’Enjoyphoenix a plus d’abonné(e)s, mais très honnêtement, je n’ai pas eu le cœur de claquer 20 balles dans un blog papier (un plog? Hmm, y a un concept à creuser, là) sur l’acné, le shopping, et la drague. (Et le thé, à ce qu’il paraît.) Quitte à investir dans un produit qui n’existe que pour brasser de l’argent autour d’une figure en vogue, j’ai préféré miser sur une humoriste.

Première impression: de la stupidité et de la fausse nunucherie qui valent leur pesant d’or

Il y a probablement des choses à redire sur le style d’écriture (non mais sérieusement… « icônne », quoi! Y a une faute d’orthographe dans le titre!!), mais pour le coup, on s’en fout, parce que le livre de Natoo est une parodie de magazine féminin, avec tout ce que ça implique: le papier un peu brillant qui sent bon le luxe, les pubs tape-à-l’œil, les mises en scène d’idoles créées de toutes pièces, et les articles condescendants qui vous expliquent que vous êtes bien comme vous êtes mais que vous devez quand même investir dans le dernier fond de teint high tech pour paraître plus jeune. Cet ovni des librairies est inutile et stupide, mais parfaitement adapté à notre société selfisante. Mesdames, faites-vous plaisir, l’heure de la vengeance a sonné!

« Icônne », ou le rejeton glamour d’une société sans cerveaux

En effet, ce qui est bien avec un livre qui n’a pas vocation à rester dans les mémoires, c’est qu’il peut se permettre de taper sur des « icônnes » éphémères et des tendances bien définies plutôt que sur des concepts généraux, ce qui est improductif mais très rafraîchissant.

Certes, dans 10 ans, plus personne ne comprendra les jeux de mots employés, mais en contre-partie, on a quelque chose de très graphique et agréable à l’œil car totalement synchrone avec les canons esthétiques de notre époque. En fait, c’est un peu l’équivalent de la Vénus de Milo pour les Grecs de l’Antiquité.

Les textes sont vides, car comme dans un vrai magazine girly, le sens a migré du fond vers la forme: autrement dit, les supports de l’information (photos, textes) sont plus importants que l’information elle-même. A tout hasard, penchons-nous quand même sur les idées véhiculées dans ce magalivre, histoire de voir à quel point nous vivons dans un monde de débiles.

– Les sous-sous-couches qui s’appliquent avant les sous-couches elles-mêmes appliquées avant les couches de fond de teint arrivent à se vendre.

– Le moindre poil de votre corps a ses accessoires dédiés et fait l’objet d’articles pour vous apprendre à le domestiquer.

– Comme c’est le sexe et le caca qui font vendre, mais qu’en fait c’est trop choquant pour qu’on en parle, les professionnels de la communication inventent tout un tas de méthodes pour en parler sans en parler.

– L’étude des astres permet de savoir si oui ou non vous allez avoir des hémorroïdes.

– Trouver le prix qui vous ruinera sans que vous ne vous en rendiez compte est un métier à part entière.