Le château dans le ciel, sorti au Japon en 1986, est un film très représentatif du talent de maître Miyazaki:

  • 2 grands camps qui s’affrontent mais avec des divergences d’intérêts au sein même des groupes
  • des personnages qui ont la bougeotte et sont constamment en train de piloter des engins volants…
  • …tout en ayant une psychologie assez développée
  • sans oublier un fort message écologique, d’autant plus puissant qu’il est simple et appuyé par un final à la symbolique très forte.
  • ah oui, et aussi un peu d’humour, vu que Miyazaki aime apparemment bien soigner ses personnages de vieux grincheux.

Du coup, aujourd’hui, je ne ferai pas une critique détaillée, sous peine de redire ce qui a déjà été dit dans les précédentes. A la place, on va plutôt lister les choses que le film nous apprend.

  • On peut dire ce qu’on veut, voler, c’est trop cool, mais on peut pas faire confiance aux adultes pour bien gérer ça. Du coup, il vaut mieux laisser les pierres magiques aux enfants, c’est plus prudent.
  • Un outil (arme, pouvoir magique…) n’est ni bon ni mauvais à la base. Si on s’en sert pour faire le bien, alors c’est un bon pouvoir. Si on s’en sert pour faire le mal, il est mauvais. C’est tout.
  • Si vous découvrez l’existence de technologies que vous ne connaissez pas… ne vous dites pas: « mince alors, il me les faut ! De toute façon, c’est bien connu, les technologies sont TOUJOURS du côté de l’homme ! ». Commencez par régler les problèmes que les technologies déjà connues engendrent. Ou, à défaut, contentez-vous d’enfermer à double tour les armes de destruction massive qui ont provoqué l’extinction de toute une civilisation.
  • Peu importe qu’il soit légal (armée du gouvernement) ou illégal (la « bande à Dora »): un groupe socialement cohérent se constitue forcément sa propre vision du bien, et, très souvent, cette vision ne coïncide pas avec celle qu’un individu sain d’esprit entretiendrait tout seul dans son coin (tuer, c’est mal, sauf si t’es un soldat: dans ce cas-là, c’est normal). Par conséquent, même si vous appartenez à un groupe social (ce qui est probablement le cas), ne négligez pas pour autant d’écouter votre conscience.
  • Devoir agir en fonction d’impératifs est inévitable. Simplement, en obéissant à des impératifs extérieurs plutôt qu’à des impératifs inhérents à votre true self, vous décevez davantage les gens qui vous connaissent.
  • Si vous deviez choisir entre l’armée du gouvernement et les pirates, choisissez les pirates. Ils sont plus drôles, et, bien que loin d’être irréprochables, ils ont au moins le mérite d’agir sans se cacher derrière de nobles raisons.
  • D’ailleurs, les pirates considèrent que la récompense doit être proportionnelle aux efforts investis (et, inversement, qu’il faut faire autant d’efforts que nécessaire pour atteindre l’objectif désiré). C’est plutôt logique.
  • Ce n’est pas parce qu’un robot menace l’espèce humaine que ce robot est dangereux dans l’absolu. Ce qui est dangereux pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. En fait, le concept de « danger » est très relatif et ne parle jamais que pour la personne qui s’y réfère.
  • Ne coupez jamais vos racines avec Mère Nature. Autrement, vous n’auriez plus d’attaches solides, et vous vous envoleriez si haut que vous disparaîtriez dans le néant.