Aaah, Ubisoft… Toi et moi, c’est une longue histoire d’amour qui remonte à mes années de collège, lorsque je n’étais encore qu’une insouciante cavalière chevauchant bravement les chevaux plein d’arthrite (ou cardiaques, je sais pas trop) des premiers jeux PC Alexandra Ledermann… Bon, certes, tu n’as fait qu’éditer ces jeux, mais ne pinaillons pas. Depuis ma deuxième décennie d’existence (et après une pause pendant le lycée), tu ne cesses de me combler de bonheur avec tes mondes semi-ouverts et tes personnages emblématiques… mais aussi de me casser les pattes avec tes bugs et tes problèmes en tout genre (sérieux, faut arrêter avec Uplay, visiblement, ça ne fonctionne pas…).

Watch Dogs, ou le piratage pour les nuls

Bref, après un certain temps passé à jouer de la lame secrète depuis des tas de foin, j’ai fini par me mettre à jour et installer Watch Dogs, qui est une sorte d’Assassin’s Creed du futur à la sauce big brother. Me voilà donc projetée dans la peau d’Aiden Pearce, justicier de Chicago aux actes controversés (et au manteau trop stylé). Après une opération de piratage qui a mal tourné (bizarrement, presque tous les jeux vidéos que je connais impliquent des trucs qui ont « mal tourné »), la nièce d’Aiden meurt dans un accident de voiture, et il va vouloir se venger, boum y a tout qui pète, pif paf pouf des explosions partout.

© Ceux qui ont fait le jeu

© Ceux qui ont fait le jeu

Je suis peut-être un peu sarcastique sur les bords, mais le scénario peut être parfois tellement téléphoné, dans absolument tous les sens du terme, qu’il peut bien supporter quelques railleries.

C’est pas qu’il soit mauvais mais… comment dire ? Bien que globalement cohérent malgré quelques facilités (genre, le hacker rival qui débarque d’un coup, infiltre le bunker d’Aiden juste pour se marrer, et finit par crever comme un idiot sans qu’on soit plus avancé sur ses intentions. Ou alors j’ai loupé un truc ?), l’histoire de Watch Dogs n’est qu’une sorte de condensé de tout ce qu’on peut trouver dans les blockbusters américains actuels, agrémenté de tours de passe-passe informatiques simplifiés pour ne pas embrouiller le joueur. Peut-être trop simplifiés, d’ailleurs ? J’ai du mal à gober qu’Aiden puisse accéder aussi facilement à des complexes « hautement sécurisés » et buter tout le monde sans avoir à répondre des conséquences de ses actes… et, bien sûr, le tout avec son pitit smartphone magique.

Chantages, enlèvements, scandales politiques et courses poursuites dans les rues s’enchaînent à un rythme soutenu avec un niveau de difficulté croissant, et réservent une bonne dose d’adrénaline pour le joueur, à défaut de le tenir en haleine. Y a pas vraiment de surprises dans l’histoire, si ce n’est celle de découvrir que tel grand méchant est encore plus méchant que ce qu’on croyait… En clair: y a des trucs qui font bip, les bad guys principaux meurent tous sagement les uns après les autres, des PNJ meurent parce qu’ils ont pas réussi à retirer leur ceinture d’explosifs, le cahier des charges est respecté, et tout est bien qui finit bien. Passons à la suite.

Aiden Pearce, ou le mâle tout puissant

Ce qui est sacrément jouissif dans ce jeu, c’est qu’on a l’impression de jouer au maître du monde (ça manque quand même un peu de variété dans les piratages pour qu’on ait l’impression de jouer à Dieu). Rien qu’en appuyant sur une touche, vous pouvez contrôler le métro, les feux tricolores, les portes de garage, les explosifs, etc. Mais le plus intéressant, c’est encore quand, bien à l’abri à l’extérieur d’une zone interdite, vous naviguez de caméra en caméra pour trouver et déclencher des opportunités d’assassinat ou de diversion à distance.

© Ceux qui ont fait le jeu

© Ceux qui ont fait le jeu

Mais bien sûr, vous avez beau être un loup solitaire, vous ne pouvez pas échapper bien longtemps à vos semblables. Et parmi eux, il y a des personnages qui, à défaut d’avoir une vraie histoire avant le début du jeu, sont suffisamment drôles, machiavéliques, ou juste badass, pour être mentionnés. Enfin, les personnages masculins, je veux dire. Parce que les personnages féminins qui ont des lignes de dialogue, il doit y en avoir 3: la sœur blonde et fragile qui sert à rien à part jouer les demoiselles en détresse, la psy moralisatrice qui permet de virer le petit neveu du scénario, et la hackeuse soit-disant géniale mais qu’on sait pas ce qu’elle fait à part allumer un ordinateur.

Bon, ok, j’exagère un peu, mais, CONCRÈTEMENT, pourquoi Aiden a-t-il besoin de Clara ? Lui-même est censé être un hackeur surdoué, la seule différence avec elle, c’est qu’il sait se battre et utiliser une arme… Ah oui, parce que dans le monde de Watch Dogs, les femmes ne savent pas se défendre toutes seules: leur place est à la maison, sagement installées devant un ordinateur. J’aime pas les gens qui crient au sexisme à tort et à travers, mais c’est quand même triste que dans un jeu qui met en scène des personnages aussi diaboliquement cools que Jordi et Damien, les seules représentantes du genre féminin soient de pauvres petites fragiles à forte poitrine qu’il faut garder à distance des vrais enjeux.

Chicago 2.0

© Ceux qui ont fait le jeu

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En dehors des missions principales, c’est toute la ville de Chicago qui s’offre librement à vous, et, là, on a à notre disposition toute une flopée de missions secondaires sympathiques dont Ubisoft semble s’être fait une spécialité, du genre infiltration de base ou QR codes à scanner via une caméra depuis un angle approprié. Vous pouvez aussi scanner les passants pour pirater leur téléphone (inutile mais rigolo les premières minutes de jeu) ou leur compte bancaire (utile mais pas très intéressant), mais malgré les petites informations que vous obtenez sur eux via le Profiler (pas toujours très cohérentes entre elles, d’ailleurs), les interactions et le sentiment d’évoluer au milieu de vrais gens restent très, très, limités. Heureusement, la ville a plus d’un tour dans son sac, et fourmille de mini-jeux sur le principe de la réalité augmentée, ce qui vous permet, entre deux missions dangereuses, de tirer sur des aliens ou de neutraliser des cyborgs myopes. Pas indispensable, mais là encore, sympa.

Et pour finir, normalement, il doit y avoir un mode multijoueur intégré au déplacement libre, mais malgré de longues recherches sur les forums, je n’arrive toujours pas à accéder aux serveurs d’Ubisoft. Il se pourrait que ce soit dû à un conflit avec mes anciens identifiants de connexion, mais, honnêtement, j’ai pas envie de me taper les mails condescendants de leur service clientèle surchargé, alors f*ck Uplay.